Vous avez une descente en place, une gouttière neuve à poser, et aucune envie de sortir le chalumeau. Franchement, on comprend : souder du zinc sur un toit, ça pue, ça brûle les doigts et ça demande un coup de main qu’on n’a pas toujours sous la main. La bonne nouvelle, c’est qu’un raccord sur descente existante se fait très bien à froid, au silicone, avec un ourlet de 5 cm et une pente tracée à 2 mm par mètre. Reste à choisir le bon développé et à ne pas rater l’engagement.
Choisir le développé avant de monter sur le toit
Un chiffre d’abord, parce que c’est là que tout se joue : le développé se choisit selon la surface du pan de toiture, pas selon la longueur du mur. Sous 35 m², vous prenez du DEV 16 en diamètre 60.
De 35 à 80 m², du DEV 25 en diamètre 80. Au-delà de 80 m², du DEV 33 en diamètre 100. Se tromper là-dessus, c’est se retrouver avec un profil trop petit qui déborde à la première grosse pluie. Et il faudra tout redémonter.
Les méthodes de pose sans soudure décrites sur tontonbrico.fr valent pour le zinc comme pour le cuivre, et pour tous les développés. C’est une bonne nouvelle quand on bricole : une fois que vous avez compris le principe sur un profil, vous le refaites sur n’importe quel autre.
Les gouttières arrivent en longueurs de 2 m ou de 4 m, ce qui laisse déjà de quoi couvrir un pan sans trop de joints. Comptez les mètres linéaires, divisez par la longueur des barres, et prévoyez crochets, fond et silicone.
Tracer la pente au cordeau, la seule étape qui ne pardonne pas
La pente minimale est de 2 mm par mètre vers la descente. Sur 8 m de gouttière, ça fait 16 mm de dénivelé entre le point haut et la descente, ce qui ne se voit pas à l’œil mais qui décide de tout.
Tracez au cordeau entre le point de départ et l’arrivée, en partant du plus haut, puis alignez les crochets sur ce fil. Si vous partez du bas, vous remontez à l’envers et vous n’aurez jamais la bonne pente.
Les erreurs qui coûtent une journée de bricolage
On les voit revenir à chaque chantier, et elles n’ont rien à voir avec la qualité du matériau : le zinc est solide, c’est la pose qui décide. Une fixation approximative, un ourlet oublié ou un joint collé sur une surface humide suffisent à tout compromettre, même avec un profil parfaitement choisi. Prenez le temps de vérifier chaque point avant de monter définitivement sur le toit, car redescendre pour rattraper une erreur coûte plus cher en énergie qu’en matériel. Sur ce point, voir aussi notre article sur mur mitoyen effrite hiver.
- Poser les crochets à l’œil, sans fil tendu, puis constater que l’eau stagne sur les derniers mètres.
- Un ourlet de 5 cm respecté côté gouttière, mais complètement oublié côté descente.
- Vous avez mis du silicone sur un profil mouillé ? Ça ne tient pas, il faut sécher et recommencer.
- Couper la barre trop court, en oubliant que le raccord sur descente mange justement ces 5 cm.
- Fixer la gouttière directement contre le mur sans jeu, et l’entendre claquer au premier coup de vent.
Raccorder une gouttière sur une descente existante
La technique sans soudure est identique pour le zinc et le cuivre, y compris quand la descente est déjà en place. Vous dégagez d’abord l’ancien raccord, vous nettoyez le bout de descente, puis vous engagez la gouttière par l’ourlet sur 5 cm. L’étanchéité se fait au silicone, appliqué en cordon régulier à l’intérieur du recouvrement, jamais par-dessus. Un tiers du travail, c’est le nettoyage et le séchage.
Le joint doit rester souple, donc pas de silicone spécial pierre ni de mastic rigide. Pressez bien la partie engagée, essuyez l’excédent tout de suite avec un chiffon, puis laissez prendre avant de tester à l’eau. Cette méthode vaut pour une jonction entre deux gouttières comme pour un raccord sur descente, ce qui évite de tout dessouder quand la descente est en bon état.
La jonction entre deux longueurs
Pour relier deux gouttières ensemble, on les engage l’une dans l’autre sur 5 cm par l’ourlet, avec un cordon de silicone à l’intérieur du recouvrement. Placez le joint du bon côté de la pente, jamais au point bas, sinon l’eau s’y accumule et finit par trouver le chemin. Sur un profil de 4 m, deux longueurs se raccordent sans pièce spéciale, à condition de respecter ce sens de recouvrement.

Le cuivre se travaille exactement comme le zinc sur ce point. Les développés DEV 16/60, DEV 25/80 et DEV 33/100 se raccordent tous de la même façon, et les longueurs de 2 m ou de 4 m se coupent à la scie à métaux fine ou à la grignoteuse.
Ébavurez le bord coupé, puis nettoyez : une bavure de zinc sous le joint, et le silicone ne plaque plus. Attention au jeu de dilatation sur les grandes longueurs. Une gouttière travaille avec les écarts de température, et un raccord trop serré finit par fatiguer le joint. Laissez un millimètre de liberté dans l’emboîtement.

Ce qui fait tenir un raccord dans le temps
Un raccord qui lâche au bout d’un an, c’est presque toujours un problème de propreté ou de pente, rarement de matériau. Le zinc et le cuivre tiennent des décennies quand l’eau s’évacue et que le joint a été posé sur du sec. Un coup de chiffon propre et un peu de patience au moment du collage font plus que n’importe quel mastic haut de gamme.
Vérifiez aussi le débord de la gouttière par rapport au bord de la toiture. Trop en retrait, l’eau passe derrière ; trop en avant, elle déborde. Une fois le raccord terminé, faites couler un seau d’eau au point haut et suivez le trajet : vous verrez vite si la pente est bonne ou si un joint laisse passer. Ce test à l’eau reste le meilleur moyen de valider votre travail, et il ne prend que quelques minutes.
Un raccord sur descente se fait sans soudure, avec un ourlet de 5 cm, du silicone et une pente tracée à 2 mm par mètre. Le développé se choisit selon la surface du pan, la méthode ne change pas entre zinc et cuivre, et les longueurs de 2 m ou 4 m couvrent la plupart des pans sans raccord intermédiaire.
Ça dépend quand même de l’état de votre descente : si elle est percée ou déformée, le raccord tiendra mal, et il faudra la reprendre avant de penser à la gouttière. Et vous, votre descente actuelle mérite-t-elle encore qu’on s’y raccorde ?